LUMIÈRE SUR les Professeurs d’Activités Physiques Adaptés

Le Centre de Santé spécialisé handicap des PEP 06, met à disposition une équipe médicale et paramédicale spécialisée dans le handicap moteur via différents pôles : Handiconsult06, SOS prothèse et les consultations de Médecine Physique et Réadaptation, de chirurgie orthopédique, de gériatrie, de validation de fauteuil roulant électrique… J’ai voulu en savoir plus sur la rééducation au Centre de Santé. Cette partie est partagée entre le Lokomat (entraînement robotisé à la marche), le Grail (entraînement à la marche avec immersion en réalité virtuelle), l’ArmeoSpring Pediatric (orthèse mécanique pour les membres supérieurs), la kinésithérapie classique et les Activités Physiques Adaptées dites APA. Pour en savoir plus, je suis allée à la rencontre de Léa Calhan, professeur APA depuis mai 2017.

Morgane Méplomb : Quel est ton métier, Léa ?

Léa Calhan : Je travaille en tant que prof APA.

M.M. : Ça veut dire quoi travailler en tant que prof APA ?

L.C. : En tant que professeur d’activités physiques adaptées. En gros, je propose des activités physiques et sportives à des personnes avec des besoins spécifiques. […] En fait ce sont des personnes en situation de handicap. Le handicap ça peut aller de personnes âgées, personnes en situation d’obésité, à des enfants paralysés cérébraux ou … des personnes paraplégiques, des amputés … […] Ici on a un groupe avec des personnes âgées, et on a des enfants qui sont surtout paralysés cérébraux.

M.M. : Qu’est-ce que tu fais, par exemple ?

L.C. : Là je commence, de plus en plus, à avoir de la prise en charge. […] A la base, le plus gros de notre temps de travail c’était les analyses de la marche pour les personnes âgées dans le cadre de la prévention des risques de chute. Jusqu’à maintenant, je dirais 70% de mon temps de travail c’est l’analyse de la marche. […] Ce qui est totalement différent de ce que fait un prof APA « normal ». Normalement, un prof APA fait 100% de prise en charge. Nous, au Centre de Santé, on a surtout de l’analyse de la marche, on nous a formé à ça. Et c’est très intéressant, on apprend beaucoup sur les altérations de la marche qu’on peut retrouver dans nos prises en charge et donc mieux les comprendre et travailler dessus.
On a de plus en plus de patients, pour la prise en charge. Là, tu vois, j’ai au moins 2h de prise en charge par jour. Mais sinon, on se déplace dans les EHPAD. On y va 2 fois par semaine. Et on va faire des analyses de la marche. Et dans le cadre des appels à projets, c’est dans les vallées. La vallée de la Roya, de la Vésubie… […] Dans la vallée de la Vésubie, ils n’ont même pas accès au médecin ! Donc, dans le cadre des appels à projets, on est financés pour ça, pour aller faire des analyses de la marche. On met en place des ateliers pendant 5 à 7 semaines et on présente des personnes de là-bas, des acteurs locaux, pour que ça puisse se pérenniser. On a des bons retours ! Par exemple, dans la Vésubie, […]  on a fait ça dans une salle de sport […], du coup les profs ont ouverts des créneaux gym douce pour les personnes âgées.
[…] On se déplace une à deux fois par semaine. […] Quand on part la matinée, on fait à peu près 30 personnes et si on part la journée, on voit… entre 50 et 60 personnes. Et après, il faut tout traiter sur l’ordinateur et faire les comptes-rendus avec le médecin. […]
Sinon, pour la prise en charge des enfants l’activité varie, je peux faire une séance APA en salle, prendre l’enfant au Lokomat ou bien au Grail.

M.M. : A partir de quel âge tu les prends ?

L.C. : Les enfants ? […] En fait ça tourne autour du Lokomat surtout. Le Lokomat, il y a quand même des minimums et maximums, tu vois. On fait surtout par rapport à la taille du fémur, mais à peu près, on les prend à 4 ans.

M.M. : Oui, avant ils sont trop petits.

L.C. : Ils sont trop petits et ils ne rentrent pas dans le Lokomat. […]

M.M. : Et après, au plus âgé ?

L.C. : Et après, plus âgé… En fait, ça dépend. Moi j’ai des vieux, des petits vieux. Je crois que mon plus âgé, il a 85.

M.M. : Ah oui ! Tu les garde longtemps avec toi !

L.C. : Non, mais après ce n’est pas garder, c’est vraiment deux pôles différents. Il y a le pôle pédiatrie et les séniors.

M.M. : Et tu n’as pas de juste milieu.

L.C. : Ado, on n’en a pas trop. Et, normalement, on ne fait pas l’adulte, on fait surtout de la pédiatrie.

M.M. : Pourquoi ?

L.C. : Parce qu’ici, c’est l’orientation qu’ils ont voulu prendre au Centre de Santé, d’être un centre pédiatrique. On a un petit peu d’adultes, mais surtout sur les consultations, nous on ne les voit pas en rééducation, à part exception. On a surtout des enfants. Après, on va jusqu’aux jeunes adultes…[…] 22,23 ans […]. Et après le sénior, vraiment sénior, plus de 65 ans.

M.M. : Et c’est compliqué de travailler avec ces personnes ? Personnes qui ont un handicap, qui sont malades…

L.C. : Ça dépend sur qui tu tombes. […] En fait c’est compliqué parce que c’est pas du tout homogène. Tu peux tomber sur des cas complètement différents. Là c’est clairement le cas qu’on a eu avec deux enfants. Il n’y a qu’un an d’écart, 5 et 6 ans, et ce sont deux mondes différents. Il y en a une… elle était volontaire, elle bougeait partout, elle était pleine de vie, quoi ! Et la seconde, c’était plutôt, fallait tout lui faire. Deux tempéraments complètement différents. En fait c’est surtout ça, ce n’est pas qu’une histoire de handicap. C’est aussi une histoire de personnalité. […] Après c’est sûr que le handicap doit jouer sur la personnalité. Mais ce n’est pas le handicap qui est difficile, c’est est-ce qu’ils sont volontaires ? […] Et on voit le retour de notre travail directement sur les enfants. L’enfant pleine de vie a fait de très beaux progrès, l’autre c’était plus difficile et du coup tu as l’impression de dépenser énormément d’énergie mais que le patient n’est pas du tout réceptif, tu n’as pas de retour.

M.M. : Merci, Léa. Tu veux ajouter quelque chose ?

L.C. : Je suis très contente de travailler ici, c’est un très bon travail. Je suis contente de venir travailler le matin. […]

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